Cloé
« J’étais venue chercher quelque chose, sans savoir quoi exactement et finalement j’ai trouvé un tout : le tout de mon existence ; je me suis rencontrée moi-même. »
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À mon départ j’avais le cœur serré de quitter ma famille, mon travail duquel j’avais démissionné. Durant tout le trajet j’ai pu traverser ce sentiment de solitude. Pas parce que j’étais seule physiquement mais surtout parce que je commençais déjà à faire le vide intérieurement pour laisser de la place à tout ce qui allait arriver.
Et à peine les pieds posés à l’aéroport que tout s’est rempli à nouveau. J’étais pourtant épuisée, perdue, un peu stressée car c’était mon premier gros voyage seule, intimidée par la nouveauté.
Mais comment expliquer qu’en arrivant dans un pays inconnu jusqu’ici je me sentais enfin à ma place ?
Les premiers jours ont été inondés de mes larmes. Pas des larmes de tristesse mais des émotions de gratitude. D’être présente et de me sentir vivante. Je me suis imprégnée directement de tout ce que le Kirghizistan a à offrir : les couleurs du marché, les odeurs, les sourires, les accolades avec mes nouveaux copains d’aventures, les histoires de vie de chacun des voyageurs, les tables dressées comme si nous étions des invités d’honneur, la compassion, l’empathie dans le regard de mes camardes, le silence agréable à écouter.
J’ai été déstabilisée par ce sentiment de plénitude, moi qui suis toujours a la recherche de stress, de stimulation pas toujours seine pour pouvoir tenir un rythme et bien là j’avais de quoi être stimulée mais sans stress, sans angoisse, juste avec de la bienveillance et de l’émerveillement.
La rencontre avec les chevaux et nos trois camarade kirghizes d’aventure est restée dans ce cheminement : une impression d’avoir toujours été à leurs côtés, la possibilité d’échanger sans comprendre un seul mot de ce qu’ils disaient, la mélodie de leurs discussions qui sonnent comme une chanson que l’on se rappelle connaître sans savoir d’où.
Dans ce voyage j’étais venue chercher quelque chose, sans savoir quoi exactement et finalement j’ai trouvé un tout : le tout de mon existence ; je me suis rencontrée moi-même. Au milieu des vallées, de ces montagnes immenses qui nous entourent, bercée par les claquements des sabots sur le sol parfois de terre parfois de roches, des meuglements de vaches croisées sur le chemin, à la vue de chevaux sauvages en totale liberté, entre deux éclats de rire partagés un coup avec les copains du voyage un coup avec les kirghiz qui nous accompagnaient : Bakyt, Azrat, Nourdine et Gulzighit, entre deux courses pleins galop dans une pleine d’un vert éblouissant ; il y avait moi.
J’ai une immense gratitude pour Alexis qui a créé ce voyage. Et je ressens tellement d’amour et de reconnaissance pour toutes les personnes avec qui j’ai partagé ce moment : Héloïse la guide en premier lieu qui m’a ouvert les yeux sur beaucoup de chose notamment le fait d’embrasser sa féminité tout en étant en accord avec ma pluralité.
Également les kirghizes, ils m’ont montré le partage, la bienveillance, la douceur, ils m’ont appris que l’émotion n’est pas une faiblesse mais tout simplement naturelle et que notre force est justement de la vivre en la laissant nous emporter puis de continuer à avancer. Ils m’ont montré la simplicité de la vie. Je me suis jamais sentie aussi riche qu’en me lavant dans une rivière, en lavant mes habits à la main, en partageant un repas assise au sol avec toutes ces personnes réunies chaleureusement.
Je suis revenue changée dans un environnement qui n’avait pas bougé. Ma famille a été déstabilisée par ce changement mais comment expliquer ce que je venais de vivre et surtout comment leur expliquer : « bonjour je suis Cloé, la vraie ».
Alors j’ai expérimenté, j’ai fui quelques jours, je suis revenue, j’ai tâté, j’ai pensé (beaucoup trop), j’ai pleuré, j’ai accepté. Et quand j’ai tout traversé j’ai rebondi.
J’ai eu de nouveaux projets, une nouvelle ligne directive. J’ai choisi de m’écouter. J’ai quitté ce brouhaha dans lequel j’ai eu l’habitude d’évoluer, je suis sorti de la foule qui avance toujours tout droit sans se demander un seul instant où est-ce qu’elle va.
Des tonnes de belles choses sont à venir grâce à ce voyage qui m’a ouvert les yeux, l’esprit et le cœur.